Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 22:30

Par Souleiman Bencheikh

 

LES FAITS. On l'oublie trop souvent, Hassan II n'a pas toujours été un roi tout-puissant. Et si son trône a si souvent vacillé, c'est justement parce que le jeune roi des années 1960 a tardé à quitter son costume de prince capricieux et fêtard. en décembre 1972, soit quelques mois après l'attaque du Boeing royal, Gilbert Lecomte, grand reporter au Monde Diplomatique, analyse ainsi les causes de l'image dégradée dont souffre Hassan II:"Multipliant les excentricités d'un fils de riche insoucieux de son héritage, Hassan II délaissait les devoirs impartis par l'islam au commandeur des croyants. Il cessa ainsi de conduire la prière solennelle du vendredi à la mosquée du Palais, peut-être parce qu'il se levait trop tard, sans comprendre qu'il désacralisait ainsi le trône et sa personne. Dans le même temps, il dilapidait des millions en caprices éblouissants".

Après les attentats manqués de Skhirat et du Boeing, s'il voulait continuer à régner, Hassan II devait donc forcément changer quelque chose à sa façon de gouverner. Si jusque-là il avait fait la preuve d'un goût prononcé pour l'exercice solitaire et autoritaire du pouvoir, il s'attellera désormais à ne plus seulement manier le bâton, mais à tendre aussi la carotte. La carotte, bien sûr, c'est la Marche verte et ses 350.000 marcheurs, "la moisson solennelle que Dieu nous donne pour ramener à la patrie une terre que nous n'avions jamais oubliée", selon les termes de Hassan II. Dans cette optique, la Marche verte a constitué un tournant pour la monarchie marocaine. Désormais le trône hassanien ne vacillera plus, la reprise en main énergique du pays se fera non plus sous le seul mode de la répression, mais également grâce à l'instauration d'un consensus national. La Marche verte, donc, redore le blason d'un roi longtemps sur la sellette. Aujourd'hui, elle est bien plus que le ciment de la légende hassanienne, elle est devenue un monument de l'identité nationale marocaine.

 

CHANGER L'HISTOIRE. Pourtant, imaginons un instant que, dans l'héritage hassanien, il n'y ait nulle trace du grand moment qu'a été la marche verte. Imaginons que le défunt roi ait choisi la diplomatie souterraine plutôt que celle du coup d'éclat. Imaginons qu'il n'ait pas trouvé, dans la politique du fait accompli, le moyen de se refaire une virginité sur la scène intérieure. Finalement, le but recherché n'était-il pas plus la pérennité monarchique, que la reconquête du "Sahara marocain"?

Et même amputé, le Maroc, certes géographiquement moins significatif, n'aurait-il pas pu s'atteler plus rapidement à son développement? La Marche verte n'a-t-elle pas ajourné l'émergence économique du pays? Les coeurs et les esprits ne se sont-ils pas épuisés en de vains slogans patriotiques, scandés depuis 35 ans? Ces questions, peut-être, heurtent notre égo patriotique, mais c'est en les posant qu'on sèmera les jalons de la compréhension de notre histoire. C'est en y répondant qu'on sortira de la mythologie officielle, loin de tout nationalisme de pacotille qui , dès qu'on touche au Sahara, confine à l'ingénuité romantique.

"Alors, pensez-vous que j'aie eu raison d'agir comme je l'ai fait, convaincu que c'était pour le bien de mon pays?", avait demandé Hassan II à un diplomate onusien, dès la Marche terminée. Réponse:"Sire, je pense que vous réussirez dans l'immédiat ce qui peut apparaître comme un extraordinaire coup de poker, et que le proche avenir vous donnera raison, mais beaucoup de principes seront invoqués et beaucoup de forces se ligueront pour vous empêcher de pérenalorniser votre succès et s'efforceront de vous le faire payer. Le risque pour vous se situe donc à plus long terme. aurez-vous alors les moyens d'y faire face?". La réponse est là, devant nous, mais confisquée par la monarchie depuis 1975.

Par kafka1 - Publié dans : Histoire - Communauté : on est tous pour le débat
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 01:15

Pendant la présentation des résultats annuels 2010, Omar Tazi, PDG de Sothema, revient sur le différend l'opposant au laboratoire Novo Nordisk. Entretien.

Saloua Mansouri

 

Maintenant que la marché a été attribué à Novo Nordisk, qu'y a-t-il de nouveau à propos de votre différend?

Le marché a été attribué à Novo même si ce dernier a pratiqué du dumping préjudiciable pour la production locale de l'insuline. Le dossier n'a pas connu des développements significatifs. Nous avons saisi tous les ministères concernés (Primature, Santé, Industrie et Commerce, Commerce Extérieur, Finances) ainsi que le Cabinet royal. Nos interlocuteurs nous ont affirmé être sensibilisés à l'importance de préserver la production locale de l'insuline, mais aucune mesure pratique n'a été prise dans ce sens. Nous avions également saisi le conseil de la concurrence qui est en train d'instruire le dossier. Nous attendons son avis.

 

Quels sont vos espoirs?

Ma réponse sera bien sûr qu'il faut préserver la fabrication locale de l'insuline car c'est un acquis pour notre pays depuis trente ans. Nous avons 3,5 millions de diabétiques dont plusieurs milliers d'insulinodépendants. Dans le cas où Sothema arrêterait sa fabrication d'insuline, le Maroc perdrait son indépendance et serait assujetti aux conditions monopolistiques d'un seul laboratoire qui, de surcroît, n'a engagé aucun investissement au Maroc. C'est pour éviter ce risque que je milite afin que cette fabrication puisse exister encore. Je ne voudrai pas que le Maroc vive le même supplice que celui vécu en juillet 2010 par la Grèce quand Novo Nordisk a unilatéralement suspendu la livraison d'insuline e mettant en danger la vie de plusieurs milliers de diabétiques. Le laboratoire avait ainsi répondu à la demande de baisse de prix demandée par le gouvernement grec sur ses achats de médicaments à tous les laboratoires, y compris pour l'insuline. Tous les laboratoires ont accepté, sauf Novo qui, en plus, a arrêté ses livraisons pour faire pression sur la décision gouvernementale. Des pays voisins, comme l'Algérie ou l'Egypte, ont pris des mesures pour sauvegarder leur modeste fabrication d'insuline qu'ils considèrent comme étant stratégique. En 2010, l'Algérie a suspendu toute importation d'insuline jusqu'à nouvel ordre, tandis que l'Egypte a consacré les deux tiers de ses besoins aux fabricants locaux et un tiers aux importateurs.

 

Certains estiment que si Sothema a perdu le marché public du ministère de la Santé, c'est parce que ses offres n'étaient pas compétitives...

C'est normal que notre offre ne soit pas compétitive face à une soumission de Novo anormalement basse et défiant toute concurrence. Vous devez savoir que Novo Nordisk a soumissionné à l'appel d'offres de 2009 à environ 28 DH. En 2010, et pour nous faire sortir du marché, il a proposé le prix de 19 DH, soit 45% de moins que son prix en 2009 et moins que notre prix de revient. De plus, Novo a déclaré pratiquer des prix préférentiels sur les insulines qui correspondent à des réductions allant jusqu'à 80%. Ces tarifs sont considérés comme prix prédateurs en présence de fabricants locaux comme Sothema car ils se basent sur des compensations réalisées entre marchés internationaux et entre segments d'un même marché (privé et public).

 

Justement, comment cela se passe-t-il sur le marché privé?

Novo Nordisk vend aux pharmacies marocaines à 196 DH ces mêmes insulines vendues au public à 19 DH. Pourquoi donc? Pourtant, il contrôle 80% du marché privé. Cet important écart entre public et privé, ainsi que la pratique de prix préférentiels sont de nature à fausser le jeu normal de la concurrence. Et les aberrations de notre confrère se multiplient quand on sait que par exemple, pour un appel d'offres lancé en 2008 par le gouvernement brésilien d'une valeur de 57 millions de dollars (soit 10 fois la valeur de l'appel d'offres lancé par le Maroc), Novo Nordisk a soumissionné à un prix supérieur à 45 DH le flacon, soit environ trois fois le prix de soumission pour le marché marocain. Et il n'a pas remporté ledit marché car il n'était pas compétitif devant Eli Lilly qui l'a remporté. Par ailleurs, c'est grâce à la fabrication locale de l'insuline assurée par Sothema que les prix ont connu d'importantes baisses en faveur du citoyen et du ministère de la santé. entre 2000 et 2005, la moyenne des prix de soumission pour les appels d'offres publics a été d'environ 50 DH le flacon, et c'était toujours Novo qui remportait les marchés à raison de 70%. Après 2005 et jusqu'à aujourd'hui, la moyenne des prix de soumission est descendue à seulement 24 DH le flacon, soit presque la moitié. Cette importante baisse est attribuée à la fabrication en 2005 par Sothema de son insuline générique appelée Insulet. Juste après son lancement en 2005, elle a largement soumissionnée moins cher car elle bénéficiait de plus de flexibilité en termes de fixation des prix. Même dans le marché privé, Insulet est aujourd'hui la moins chère puisqu'elle est vendue à seulement 85 DH, soit presque trois fois moins cher que e prix de l'insuline commercialisée par Novo Nordisk. La baisse de prix de cette insuline a été décidée unilatéralement par Sothema en 2009 pour appuyer les efforts de Mme Yasmina Baddou dans son projet de baisse des prix des médicaments.

 

Pourquoi n'êtes-vous pas aussi actif sur le secteur privé?

Même si nous commercialisons l'insuline la moins chère du marché, notre chiffre d'affaires reste très faible sur le marché privé. Pourtant, le ministère de la Santé souhaite encourager le générique, notamment ceux des marques que nous achetons auprès de multinationales, comme c'est le cas pour Insulet. Sur le marché privé, les moyens de promotions marketing peuvent faire la différence. Sothema n'a ni la taille ni les ambitions de Novo Nordisk!

 

Le marché de l'insuline (public notamment) est entre les mains de deux institutions, Laprophan et vous. Une situation de duopôle finalement?

Effectivement, c'est le cas! Sothema a toujours été favorable à ce qu'il y ait au moins deux opérateurs: un fabricant local et un importateur. Si un nouvel opérateur veut se lancer dans la fabrication local de l'insuline, nous ne pouvons que l'encourager et lui souhaiter bonne chance car la présence d'un fabricant d'insuline autre que Sothema fera jouer des synergies positives qui se répercuteront positivement sur le marché marocain. Mais jusqu'à aujourd'hui, aucun laboratoire marocain n'est parvenu à fabriquer localement de l'insuline. Et nous comprenons cela car il s'agit d'une fabrication nécessitant une technologie pointue et un savoir-faire incontestable. vous savez, le nombre de fabricants d'insuline au niveau international est très réduit. Il y a environ une dizaine de pays qui fabriquent de l'insuline, y compris le Maroc. Toutefois, si nous sommes favorable à la fabrication locale de l'insuline par d'autres opérateurs marocains ou étrangers, nous sommes contre les dérogations d'importation accordées à des laboratoires autres que Laprophan. Celui-ci est un importateur légitime car il a obtenu son AMM à l'importation avant Sothema.

 

Quels coûts supportez-vous après la perte du marché du ministère de la Santé?

L'impact est lourd en termes de pertes supportées qui s'élèvent à environ 500.000 DH mensuellement. Nous avons 50 employés hautement qualifiés qui travaillent dans nos blocs stériles. Même s'ils sont actuellement sans véritable activité, nous devons les maintenir dans leurs postes. En plus, pour fabriquer l'insuline, il nous faut un bloc stérile qui doit être maintenu 24/24 h, même en dehors des campagnes de production. Et cela produit des charges. En revanche, en termes de chiffre d'affaires, nous n'avons subi aucun impact car les ventes de l'insuline ne représentent qu'environ 5% des ventes globales. Malgré la perte de ce marché, Sothema a enregistré une croissance de 12%, meilleure que le secteur pharmaceutique qui n'a crû que de 1%. Cela démontre que notre but dans cette affaire d'insuline ne se limite pas à préserver un chiffre d'affaires que l'on peut très bien compenser par la panoplie de produits en lancement , mais de préserver une fabrication stratégique qui doit susciter l'intérêt national.

Par kafka1 - Publié dans : Santé - Communauté : on est tous pour le débat
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Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 00:48

Poing sur les "I" de Jamal Berraoui

Ce qui s'est passé à la cité universitaire à Rabat n'est pas anodin. Des étudiants sahraouis ont saccagé les locaux pour protester contre le décès d'un des leurs dans un fait divers. On avait déjà connu des évènements semblables à Agadir après un accident de la circulation. Ce comportement violent n'est pas génétique, il exprime surtout un contexte chez les étudiants sahraouis. Il faut savoir que ceux-ci ne sont pas logés à la même enseigne que leurs camarades de classe. On peut accepter les avantages matériels qui leur concédés au nom de l'éloignement et de l'absence d'université au Sahara. Mais comment expliquer qu'ils se réservent un pavillon au sein de la cité universitaire? Le tribalisme à bon dos. A force de céder à toutes les demandes, les responsables ont convaincu cette catégorie qu'elle est au dessus des autres citoyens. Les émeutiers d'octobre 1999, déjà, avaient remis un cahier des revendicatif au wali de l'époque, M. Saâdaoui. Ils réclamaient des cartes de la promotion nationale en plus de la bourse, mais aussi qu'on leur délivre le diplôme de la licence au bout de deux ans au lieu de quatre. Le document doit exister aux archives du ministère de l'Intérieur. Nous ne sommes pas sortis de cette culture du chantage permanent. Au Sahara, c'est l'ensemble de la population qui revendique une rente et non l'abolition de ces privilèges indus.

Politiquement, c'est une véritable plaie. Au point qu'aujourd'hui, certains réclament que les détenus des émeutes du camp d'Ikdim soient relâchés. Le pire, c'est que les rumeurs laissent entendre que cette revendication sera satisfaite. Or, il s'agit d'accusés de meurtres, de pillages, d'incendies volontaires, de faits graves touchant à la sécurité des biens et des personnes. Nous savons tous que les personnes visées, dont les commerces ont été saccagés, venaient du nord du Maroc et qu'il y avait donc une charge raciste dans ces évènements. Parce que l'heure est à l'apaisement, on voudrait absoudre ces faits avant même que la justice ne statue dessus. Cela constituerait une erreur politique en donnant a posteriori quelques aspects de vérité à la version du Polisario une faute morale vis-à-vis des familles des membres des forces de l'ordre assassinés, et, enfin, u n fait du prince très éloigné des perspectives de réforme attendues. Il faut rompre avec la gestion dite de la spécificité sahraouie. L'Etat de droit s'impose à tous. Le contexte international, les manœuvres du Polisario à l'ONU ne justifient pas ces reculades permanentes. Bien au contraire, la réponse idoine est dans l'application des lois, de la manière la plus stricte possible. Si elles sont mauvaises ou obsolètes, il faut les changer. Oublier ces règles, c'est s'exposer éternellement au chantage à l'appartenance.

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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 01:53

Poing sur les "I" de Jamal Berraoui

Après le discours royal, les élites, les forces politiques réelles ont affiché leur enthousiasme et il y a de quoi. De manière assez incompréhensible, quelques dirigeants autoproclamés du mouvement du 20 février jouent la surenchère. Ils sont soutenus, comme la corde soutient le pendu, par Annahj et Yassine et ses fascistes. Les jeunes d'Annahj ont dévoilé leur jeu à Bouznika. "Nous, dans cette période, on préfère rester opaques", c'est ce que leurs "parents" leur ont expliqué. Ingénus, ils ont vendu la mèche. Traduit en politique, cela signifie qu'ils joueront toutes les surenchères sans afficher leur programme, celui d'une république démocratique à la chinoise. Cheikh Yassine et ses idolâtres se fichent de la démocratie et de la monarchie parlementaire. Ce qui les intéresse, c'est  de créer une situation leur permettant de réaliser leur fantasme d'une "Kouma" à l'iranienne, portant leur "Morchid" à la tête d'un califat Islamique, totalitaire, obscurantiste, moyenâgeux. Ce n'est pas de la propagande, c'est ce que leur guide professe dans tous ses livres et il suffit d'aller sur le site de l'organisation pour se rendre compte que l'alliance avec les démocrates est contre-nature. Ce conglomérat n'aurait aucune importance si l'on était pas dans une situation historique de transition. Celle-ci suppose l'existence de forces conservatrices, voire régressives. Ces forces ne sont pas le produit d'une idéologie, mais bien de l'existence matérielle d'intérêts liés à la situation anté et qui sont mis en danger par la démocratie.

Les nantis de l'économie de rente, ceux qui jouent les chaises musicales à la tête des établissements publics, les sécuritaires, les juges corrompus, les barons des élections sans électeurs, les journalistes sans lecteurs, les caïds de l'administration, n'ont aucun intérêt à l'émergence d'institutions crédibles issues de la volonté populaire et sanctionnées par celles-ci. Ces forces d'inertie peuvent se transformer en forces de contre-réforme agressives en cas d'accélération de l'histoire, ce que nous vivons.

C'est l'alliance objective entre le conglomérat guidé par les maoïstes et les fascistes et ces forces de la contre-réforme qui s'installe sous nos yeux, et il faut réagir.

Ce qui s'est passé dimanche dernier, la provocation-répression, et surtout l'instrumentalisation qui s'en est suivie, est le prémice de ce que cette l'alliance tentera d'ici à la fin de l'année et l'installation des nouvelles institutions. Tout démocrate devra clairement se positionner pour écraser dans l'oeuf la manoeuvre. Sinon le risque de régression n'est pas exclu.

Par kafka1 - Publié dans : Politique - Communauté : on est tous pour le débat
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 01:49

Le mouvement de Yassine se démène comme un diable pour entretenir la tension née du 20 février. En dépit du discours historiquement révolutionnaire du souverain, la Jamaâ du cheikh cotinue à marcher et à chercher le blocage. Pour quel enjeu?

Par Lamine Belarbi


Les forces vives de la nation ont toutes salué avec enthousiasme le discours du 9 mars. Les exceptions se comptent sur les doigts d'une seule main. Et encore! Pourtant, les courants extrémistes Al Adl Wal Ihsane et Ennahj misent sur leur capacité de nuisance.

Qu'est ce qui fait courir les islamistes de Yassine? D'abord, pour le mouvemen qui prônait le soulèvement, et même le prévoyait pour l'année 2006, la légitimité du pouvoir est mise en cause. Abdeslam Yassine et ses ouailles n'en font pas un secret: pour les radicaux de la Jamaâ, le Maroc est prédestiné à un califat selon la voie prophète. Et cet avenir, ils sont les plus aptes à le réaliser. Du coup, le régime monarchique est pour Al Adl Wal Ihssane mis en équation. La commanderie des croyants est elle-même contestée. Ce qui fait de la Jamaâ une entité hors champ, ou plus précisément semi tolérée.

Depuis 2006, on croyait voir dans le fiasco prophétique du cheikh le début de la fin du mysticisme outrancier prôné par l fondateur. Quelques esprits, non contaminés, ont même reu leur position; ils sont devenus plus politiques, le cercle mené par Fathallah Arsalane a été la concrétisation de cette tendance. Mais au-delà des constantes, la Jamaâ veut s'inviter dans le Maroc qui se prépare. Car, faut-il le rappeler, le discours royal a mis l'accent sur la réforme profonde, et pour ce, le souverain a mis en place une commission chargée de la question. Ensuite, une commission a été créée pour les mêmes raisons, qui de plus, sera formée des chefs de partis et des centrales syndicales. et le mouvement de Yassine ne s'y trouve pas: aucune des éminentes personnalités n'est proche de lui, et les chefs de partis sont loin de partager les  visions des adlis. Autrement, la Jamaâ juge qu'elle ne sera pas de la partie dans les années à venir.

Les islamistes radicaux qui, à l'instar des gauchistes, appellent à l'élection d'une constituante car ils ne voient pas comment ils vont influer sur le cours du processus. Aussi, ils exercent une pression en essayant de mettre la main sur le mouvement du 20 février. Quitte à faire dans le bras de fer et ameuter les médias!

La stratégie de la Jamaâ est de s'imposer comme partenaire et interlocuteur des pouvoirs politiques du pays, sa tactique est de capitaliser le mouvement des jeunes et accepter une alliance du terrain avec les gauchistes, les ennemis de toujours!

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