Dimanche 17 octobre 7 17 /10 /Oct 00:33

Casablanca et Tunis veulent chacune son hub. Les deux places financières du Maghreb se lancent dans une joute qui ne dit pas son nom. Les grandes lignes concernent le hub financier de Casablanca se précisent avec les dispositions de la loi de Finances. Et à Tunis, la loi de l'offshoring financier a été adoptée dès juin 2009. Cependant, la présence des banques marocaines, dans plus de 20 pays du continent africain, constitue une avance que ne peut rattraper Tunis sur de simples dispositions juridiques et fiscales.

Par Mar Bassine Ndiaye

 

Le projet de "Casablanca Finance City" vient d'être clarifié et comporte des différences majeures, mais aussi certaines similitudes avec celui de la Tunisie. A Casablanca, le hub financier qui sera mis en place tournera autour de trois principales activités. Il y a d'abord les sièges régionaux des multinationales financières ou non-financières que la capitale économique du Royaume veut attirer vers le site de l'ancien aéroport d'Anfa. Ces sièges auront surtout une portée africaine, mais il n'est pas exclu qu'elle s'adresse aussi à des groupes présents dans plusieurs pays européens. Sur ce premier point, au moins, il y a une certaine différence avec le projet tunisien qui n'est pas orienté vers de tels groupes. Le second type d'entreprises concerne notamment les banques d'investissement que "Casablanca City Center" partage avec le Port Financier de Tunis. En effet, le centre d'investissment bancaire et de conseil tunisien sera en concurrence directe avec la zone des banques d'investissements et des activités financières de Casablanca. Tunis compte également dédier un de ses centres à l'assurance, ce qui est également le cas de Casablanca. Évidemment, toutes les activités professionnelles liées à la finance, notamment l'audit et le conseil, sont ciblées par les deux places. L'une des différences fondamentales, c'est que le Port Financier de Tunis est à la fois un projet de place financière et de zone touristique balnéaire et golfique. Les initiateurs veulent visiblement faire de l'argent avec la vente d'une zone résidentielle, tout en offrant aux étrangers un lieu de séjour à proximité des bureaux professionnels. Les Tunisiens veulent également mettre en place une Business School de classe internationale à l'intérieur de ce site de 450 hectares. Mais Tunis veut surtout mettre en place une place financière Off-shore. Pour ce faire, un projet de loi portant les prestations de services financiers aux non-résidents a été promulgué dès juin 2009. Il vise à organiser cette activité financière non résidente et à assouplir les conditions de son exercice par les établissement concernés.

 

Casablanca vient de dévoiler ses cartes et semble aller vers une orientation légèrement différente, du moins à titre officieux. Mais en réalité, on n'est pas très loin de l'offshoring financier. Au niveau des promoteurs, on ne parle de zone Off-shore. On préfère juste offrir des exonérations fiscales aux entreprises qui respectent certains critères d'exportations de services et auxquelles le projet de loi confère le statut de "Casablanca Finance City". Les entreprises en question bénéficieront d'un régime d'exonération totale de l'impôt sur les sociétés, durant les cinq premières années , au titre de leur chiffre d'affaire à l'export. Au-delà de cette durée de cinq ans, le taux d'impôt ne sera que de 8,75%, ocntre un taux normal de 30% pour les entreprises non exportatrices. Pour les sièges régionaux ou internationaux des multinationales, le taux de l'IS qui sera appliqué est de 10% seulement, sans toutefois que la base imposable ne puisse être inférieure à 5% des frais de fonctionnement. Le Maroc entre du coup en concurrence avec es pays comme l'Espagne, qui possèdent une disposition similaire depuis plusieurs années. En effet, les entreprises basées en Espagne, qu'elles soient ou non de droit espagnol, bénéficient des exonérations que le Maroc veut offrir aux sièges régionaux et internationaux, qui devraient cependant être mis en place grâce à des capitaux étrangers. De plus, l'Espagne offre même une exonération totale sur les produits des valeurs mobilières en provenance de filiales étrangères, ce que ne prévoit pas encore le Maroc. Néanmoins, pour la mise en place du hub financier, il ne s'agit pas de simples dispositions fiscales. Les deux places nord-africaines envisagent de canaliser les flux financiers en direction du continent en sa provenance. Mais à ce niveau précis, la capitale économique marocaine dispose d'une petite longueur d'avance. En effet, les banques marocaines sont aujourd'hui les plus implantées sur le continent que n'importe quels autres établissements financiers. Le groupe BMCE Bank, qui a pris la majorité de Bank of Africa, est présent dans une quinzaine de pays à travers ce groupe panafricain. De son coté Attijariwafabank contrôle des banques de premiers rangs dans une dizaine de pays du continent et envisage d'aller dans trois autres pays d'ici 2011. La panafricanisation des finances marocaines est donc une réalité. De plus, la taille de l'économie marocaine est nettement plus importante que celle de la Tunisie. Cependant, le projet qui se développe aujourd'hui à Casablanca ne doit pas sous-estimer le réalisme tunisien.

Par kafka1 - Publié dans : Finance - Communauté : on est tous pour le débat
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Créer un Blog

Calendrier

Décembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus